La tolérance dans le couple
De toutes les aventures de la vie,
celle qui est de loin la plus exaltante, la plus passionnante mais néanmoins la plus complexe est certainement celle du couple.
Comment comprendre ce paradoxe de deux êtres si différents et qui pourtant sont sans arrêt à la recherche l’un de l’autre ?
Plus encore, les différences de caractère, qui sont connues de tous les protagonistes, n’enlèvent en rien ce désir de se retrouver et de bâtir ensemble.
Lorsque la Torah parle du premier couple de l’Histoire, Adam et Ève, le préambule de celui-ci se retrouve dans le verset suivant :
« Il n’est pas bon que l’humain soit seul, je lui ferai une aide face à lui. »
À travers cela, la Torah nous propose, entre autres, l’idée suivante : la fonction du conjoint serait de nous aider à nous réaliser, à nous épanouir, de par la confrontation que nous avons avec lui.
Il faudrait lire le verset de la manière suivante :
« Une aide parce que face à lui. »
Dès lors, on pourrait comprendre aisément pourquoi la difficulté que me pose l’autre, dans ses modes de comportement, dans sa manière d’être, constitue pour moi un élément qui me rapproche de lui, par l’obligation qu’il me pose de travailler sur mon propre mode de comportement.
Prenons un exemple : ce conjoint qui se met en colère m’oblige à travailler sur la patience afin de pouvoir continuer la communication une fois que le moment de colère est passé.
On retrouve régulièrement l’argument suivant dans la bouche des protagonistes d’un couple en crise :
« Il faut que l’autre m’accepte comme je suis. »
Cette attente a quelque chose de paradoxal, car l’autre conjoint peut dire exactement la même chose, et pourquoi pas aussi nos enfants !
Or nous sommes bien d’accord que nous ne sommes pas prêts à accepter de la part de nos enfants :
« Je suis paresseux, acceptez-moi tel que je suis. »
Il faudrait donc établir une distinction entre les traits de caractère sur lesquels nous devons travailler pour établir une relation saine — par exemple la colère, la rancœur, le don — et le mode de fonctionnement lié à notre ressenti et à notre sensibilité.
Je dois être prêt à accepter, sans lui demander de changer, que mon conjoint aime certaines choses qui, pour moi, me semblent complètement incompréhensibles.
Plus encore, je dois être capable de les partager avec lui pour lui révéler, à travers cela, l’importance que je lui donne.
Accompagner un conjoint mélomane à un concert, c’est tout simplement lui dire :
« Je veux partager avec toi quelque chose qui, pour toi, est très fort, même si je ne le ressens pas de la même manière. »
Rav Elie Lemmel